Grenelle de l’insertion : pour un plan national contre les inégalités et les discriminations
A l’approche des fêtes, une petite pensée aux plus pauvres et aux exclus. Il est essentiel de ne pas oublier tous les nécessiteux, les précaires et les chômeurs ainsi que les victimes de la discrimination... En effet, selon la définition officielle de la pauvreté en vigueur, la France comptait en 2005 entre 3,7 et 7,1 millions de personnes pauvres. Les inégalités sociales, sanitaires et psychologiques sont concentrées au sein des mêmes populations. Les pouvoirs publics, la société et les associations ont de plus en plus de difficultés à faire face à l'explosion de ces inégalités. En tant qu’élu-e-s, nous pouvons travailler ensemble aux outils innovants pour que les victimes de la précarité aient accès à leurs droits et les aider à retrouver leur dignité.
Pour réussir cette démarche, le "grenelle de l’insertion" doit avant tout écouter les acteurs et travailler dans le sens d’un plan national contre les inégalités et les disciminations. Une véritable réforme doit remplacer la compétition par la coopération et la solidarité, tout en travaillant ensemble sur les moyens nécessaires au financement de l'insertion : faire mieux participer les entreprises à l’effort de solidarité nationale, et créer une sécurité sociale de l’emploi et de la formation.
Or, depuis 6 mois, le gouvernement multiplie les cadeaux pour les riches, tout en parlant de réforme à sens unique. Dans le sens de plus d’austérité pour les pauvres. Aujourd’hui, au lieu d’aider financièrement les collectivités dont les communes, à mettre en place des politiques d’insertion innovantes, le gouvernement veut tester toute une série de mesures flexibles. C’est le cas de l’expérimentation en cours du revenu de solidarité active RSA, au profit de ceux qui reprennent un emploi… Mais qui vise en réalité la remise en cause de la solidarité nationale et la culpabilisation des personnes qui vivent des minima sociaux et qui sont considérées comme des " assistées ".
Dans ce sens, les collectivités seront en première ligne. Les transferts de charges financières, toujours non honorées par l'Etat, vers les collectivités territoriales ne font qu'aggraver cette situation. Un peu d’histoire : si l’Etat a conservé la responsabilité des politiques de l’emploi, la loi du 18 décembre 2003 a transféré aux conseils généraux le paiement de l’allocation RMI et l’insertion sociale et professionnelle des bénéficiaires du RMI. Depuis cette date, les départements pauvres souffrent. Si dans le Rhône la situation est gérable, plusieurs autres départements risquent de mettre la clé sous la porte et souffrent d’un désengagement de l’Etat, qui ne veut pas compensée ses transferts de charges et ses compétences
Une véritable politique d’insertion doit avant tout permettre aux collectivités des moyens financiers et humains pour aider le publics en difficulté. Elle doit permettre surtout de lutter contre les inégalités, d’absorber la précarité, les contrats à temps partiels et autres situations de dénis que connaissent les travailleurs pauvres, dont les femmes en sont dans les premières victimes. Enfin, permettre le financement de la libre formation le long de la vie, avec un revenu de dignité pour les bénéficières des minima sociaux et les petites retraites. Nous voulons ainsi introduire la coopération et la solidarité à la place de la compétition et la précarité
Le projet de réforme des universités s'annonce pénible pour le Régions, puisque c'est elles qui vont financer à nouveau le désengagement de l'Etat.
Consciente du problème, l'Association des Régions de France ARF s'étonne qu'aucune véritable négociation ne se soit engagée avec les régions, alors que partout en Europe la relation forte région – universités est un élément essentiel du développement économique et social.
Dans une lettre à la ministre de l'enseignement supérieure, l'ARF rappelle l'attachement fort des régions à la gratuité de l'enseignement supérieur, point fort de l'attractivité nationale et de l'égalité des chances.
L'ARF réaffirme la nécessité d'une réforme de l'Université qui permette à celle-ci de jouer pleinement son rôle au service de la formation des jeunes d'une part, du développement du pays d'autre part.
Compte tenu des compétences propres des conseils régionaux en matière de formation professionnelle, de formation continue et d'apprentissage d'une part, de leurs engagements financiers dans le cadre des Contrats de Plan CPER et des pôles de compétitivité d'autres part, et plus globalement de leur soutien au développement du monde universitaire, les régions demandent solennellement au gouvernement de prendre le temps d'un vrai travail conjoint Etat-Régions quant à la place des uns et des autres dans l'Université de demain.
Selon l'ARF, ce projet de loi ne doit pas aboutir à une limitation de la démocratie interne, ne doit ni encourager la concurrence sauvage entre Universités, ni porter atteinte à la responsabilité des Régions en matière d'aménagement du territoire.
En tant que conseillère régionale de Rhône-Alpes, je suis d'accord lorsque l'ARF propose que, avant de parler de ce projet d'autonomie, l'Etat doit garantir une programmation des moyens financiers indispensable à la mise à niveau puis au développement des Universités.
Ainsi les Régions doivent aussi avoir leur mot à dire.
Sabiha AHMINE