Nous voulons construire "une société pas seulement forte, mais aussi belle et séduisante... c'est à dire solidaire, diverse et métissée". C'est pourquoi, je voudrais vous présenter aujourd'hui une de mes premières actions à Lyon.
Suite au tremblement de terre tragique qu’avait frappé l'Algerie, Alger et autres villes comme Tizi-ouzou..., en octobre 2001, la ville de Lyon avait décidé une aide importante à l’Algérie. Cela suite à mon intervention au Conseil Municipale, dont voici un extrait : Les inondations meurtrières qui ont frappé l'Algérie la semaine dernière, en particulier sa capitale, Alger, nous ont tous profondément bouleversés.
Le bilan des intempéries s'alourdit de jour en jour et le nombre de victimes a encore augmenté, atteignant près de 800 morts, selon les chiffres officiels, ainsi que des milliers de familles sans abri, les disparus et les blessés qui se compteraient par centaine.
C'est un véritable drame humain que vit tout particulièrement la population algéroise, sachant que ces intempéries ont fait également des victimes dans les autres villes du pays, comme Oran, Médéa, Tipaza, Aïn Temouchent ou Sétif.... Sans oublier les dégâts matériels qui sont aussi énormes : quartiers populaires dévastés, immeubles effondrés et chaussées défoncées.
En ces moments tragiques, nos condoléances vont à ce peuple frappé par la tragédie et aux populations algériennes meurtries. Notre devoir d’humanité est d'assurer le peuple algérien de notre solidarité en ces circonstances terribles. Cette solidarité se doit de répondre à l'appel de l'Algérie pour faire face aux conséquences de cette catastrophe.
Dans l'immédiat, nous devons réagir en s'associant aux efforts de tous les gens de coeur qui, en France et dans le Monde, participent à cet élan de solidarité. En rapport avec les autorités diplomatiques algériennes à Lyon et le mouvement associatif sur le terrain, notre Ville peut développer un soutien et une intervention active sur de multiples plans, pour aider à la prise en charge des besoins des sinistrés et à la reconstruction sur le court terme.
Nous pourrions, bien sûr, décider d'une aide financière en nous associant à l'appel d'autres associations, mais notre Ville a également les capacités d'initier différentes actions pour acheminer vers Alger, médicaments, tentes, couvertures, habits, ustensiles de cuisine, etc… et de les faire parvenir à bon port au plus tôt en Algérie.
Comme dans tous les moments tragiques, nous savons pouvoir compter sur la solidarité et la générosité de tous les Lyonnaises et Lyonnais, pour venir en aide à ce peuple voisin dans son malheur. Je vous remercie.
[b]Cliquez sur le lien suivant pour lire mon intervention :
http://www.lyon.fr/static/pdf/200111/cr/INTRO.pdf
Par Sabiha aHMINE
Adjointe au Maire de Lyon
Extraits de l'interview de Sabiha Ahmine à "LyonKabyle.com", juin 2007 :
(...) pour moi, la politique n’est pas une profession ou un privilège. C’est une mission. Une lutte de tout les instants pour la défense des valeurs de la république d’égalité et de fraternité... C’est la poursuite du combat de nos anciens contre la barbarie nazie et pour la liberté de toutes et de tous sans discrimination.
Kabyle.com : Quel est votre parcours personnel et professionnel ?
Madame AHMINE : Née à Bgayet, en Kabylie, je suis la première personne, femme, issue de l’immigration algérienne, à occuper le poste d’adjointe au maire. Une première dans toute l’histoire de Lyon, avec un parcours original. Issue d’une famille d’anciens résistants étrangers et petite fille d’ancien combattant, qui ont sacrifiés leurs vies pour que vive la République contre la barbarie nazie et contre son apartheid raciste, très jeunes je me suis engagée en politique. Mon parcours, depuis 1990 dans la vie associative dans la banlieue lyonnaise, et au sein du PCF, mon appris la modestie, la rigueur et l’écoute des citoyens. Pour dire simple, je n’ai jamais demandé ou exigé d’être élue. Ce sont les militants et le PCF qui m’ont demandé, en 2001, de me présenter sur la liste de gauche au 5ème arrondissement de Lyon. A l’époque, personne ne croyait à mon élection. Mais c’est grâce à notre victoire dans ce même arrondissement que la ville de Lyon, pour la première fois depuis 50 ans, a été gagnée à gauche par Gérard Collomb. C’est ainsi que mon chemin qui, depuis mes études de médecin en Algérie, depuis mon combat contre l’intégrisme et pour la liberté d’expression, a pris une autre trajectoire. Depuis, j’ai décidé d’ intensifier, au sein de l’espace publics lyonnais, notre lutte commune pour le bien vivre ensemble, pour le dialogue et la reconnaissance
Kabyle.com : Pouvez vous nous parler de votre combat au jour le jour ?
Madame AHMINE : Pour l’égalité, la justice et la solidarité, mon combat, au coeur de la ville de Lyon comme à la Région Rhône-Alpes, vise à construire une société moderne, solidaire et métissée. C’est pourquoi, dès le début, j’ai amorcé une véritable dynamique humaniste pour faire en sorte que la République, qui est notre identité commune, puisse s’ouvrir sur les plus démunies, et puissent donner toute leur place aux "sans voix", aux "sans noms", et aux "sans droits", qui travaillaient jusqu’a l’épuisement sans reconnaissance et sans dignité... Contre le repli, face à la tentation de la régression, contre les discriminations, et les divisions, j’ai fait en sorte que Lyon puisse mieux avancer, vers une citoyenneté ouverte pour toutes et tous. Cela passe par le renforcement de la place de Lyon dans la mise en oeuvre des droits. En effet, en plus de mes 250 propositions, que j'ai fait en 2001 et qui ont servi ensuite de matière grise à nos réalisations (Groupe de travail contre les discriminations, la Charte européennes des droits humains dans la ville, CREL, la Charte de la diversité, la charte des droits des femmes adopté par nos arondissements...), je me suis surtout engagée à faire de la participation citoyenne un moyen de réussite des droits et de l’intégration. Dans ce sens j’ai crée le Conseil des Résidents Etrangers Lyonnais.
Kabyle.com : Est il difficile de faire de la politique et en même temps défendre les plus démunis et les bonnes causes, notamment dans la rue ?
Madame AHMINE : Cette question est simple et complexe à la fois. Pour moi la politique, c’ est l’intérêt général, avec un engagement clair au service de la République et des autres. Or pour certains, la politique c’est des carrières, des intérêts particuliers, des divisions et des manipulation. Mon premier combat est contre les anti-républicains, qui veulent empêcher ainsi les citoyens, en particulier notre jeunesse, d’ atteindre et d’investir l’espace public. Faire de la politique, c’est défendre ainsi les plus démunis, dans la rue comme dans les assemblées. Mon devoir est de maintenir activé l’ascenseur social. C’est ouvrir la porte au nouvelle compétence. C'est surtout concilier notre jeunesse avec les institutions et défendre la dignité humaine sur nos quartiers. En théorie cela est simple. C’est même évident. Or dans la pratique, j’ai du me battre pour le bien vivre ensemble et pour la paix. Cela au même titre que le dialogue entre les peuples. Contre la double peine, contre les autres discriminations, contre le sexisme, contre l’homophobie, j’ai était présente partout. Son revenir sur le bilan, j’ai présenté des projets pour un service public du logement pour tous, pour le droits de vote des étrangers, comme pour le respect du Numerus Clausus dans les prisons.... Au CHRD, je me suis battue durement pour faire admettre et faire intégrer la jeunesse des quartiers populaires au sein de notre devoir commun de mémoire.
Kabyle.com : Que dire de la représentation des français d’origine berbère aux seins des mairies en France ?
Madame AHMINE : Cette représentation est aussi une question de lutte. Globalement, en dépit des contraintes, les français d’origine berbère en particulier, et issus de l'immigration en général, sont mieux représentés dans les assemblées locales que dans les instances nationales ou européennes. Cela reste un combat républicain. Malgré les acquis, il reste deux problèmes. Désormais, il faut avoir des députés à l’Assemblée Nationale et européenne. Mais aussi, tout en refusant les divisions et les manipulation, il faut être exigeant sur la qualité et la compétence : « on n’a pas besoins d’ immigrés alibi » ! Il faut des élu-e-s citoyens qui porte des projets, des idées et luttent pour les faire aboutir. Car le simple observateur constate un déficite. En effet qu’il y a un manque de prise en compte des aspirations des citoyens issus de l’immigration par les partis traditionnels, qui préfèrent souvent la vitrine au vrai. Un diagnostique objectif de la crise de la politique aujourd’hui, révèle en effet cet écart important entre les institutions classiques (partis, société civile...) et les aspirations réelles de nos concitoyens. Tout en étant contre le communautarisme, il faut avancer vers un métissage et une diversité de nos assemblées. Cette démarche s'inscrit dans la défense des valeurs de la république.
Kabyle.com : Pouvez vous nous parler de votre région natale la kabylie et des moments difficiles qu’elle traverse ?
Madame AHMINE : Originaire de Kabylie, je suis née et vécue une partie de mon enfance à Bgayet. Ma grand mère maternelle est une cousine du chanteur Mouloudji. « Bougie », c’est la ville de Djamel Allem, de la musique Andalouse. Mon devoir aujourd’hui et d’aider a consolider ces liens entre les deux rives. C’est un des moyens de construire la concorde, à la fois, la France et l’Algérie. Je suis pour une coopération citoyenne qui doit permettre le meilleur à notre jeunesse, sans mépris et sans repli. En mars 2006, j’ai participé à une mission de coopération en Algérie avec une délégation lyonnaise, conduite par Gérard Collomb. Cette mission a été proposée depuis 2001 par ma délégation à la ville de Lyon. Elle répond à cet impératif de citoyenneté et de cohésion dans nos quartiers comme entre les deux rives de la méditerrané. Aujourd’hui je veux consolider cette dynamique de co-développement durable.
Kabyle.com : Le mot de la fin pour les lecteurs de Kabyle.com...
Madame AHMINE : Je vous remercier de m’avoir donner la parole. Je suis fière de me présenter à vous en tant que française d’origine berbère qui aime profondément, à la fois, la France et l’Algérie. Ensemble faisant en sorte que les valeurs de la République puissent triompher contre la régression. Car la République en diversité est notre identité commune. De Saint Augustin, le berbère, à Zinedine Zidane, la France a toujours était humaniste, ouverte sur le monde et sur la modernité. C’est également le cas de la maison berbère qui, elle aussi doit rester ouverte sur la modernité, sur l’humanité.
Pour Kabyle.com
Dalil MAKHLOUFI
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